Panthéon de Paris

Paris | La place du Panthéon ayant fait l’objet d’un aménagement très controversé, je suis allé revoir de mes propres yeux cet imposant morceau d’architecture classique. Pas moins imposant en noir et blanc qu’en ces couleurs tendres de fin d’après-midi.

Les petits débris de pierre et de bois qui ont été semés autour du Panthéon en guise de mobilier se laissent oublier de loin, comme en atteste cette rare vue d’ensemble. Rare, car exigeant deux poses contiguës, faute de recul, puis un assemblage indiscernable.


Ci-dessus : Objectif Sony G Master 24mm F/1,4 • 1/250 – f9 – ISO 250 • Photo Frédéric Allinne • FA#

C-dessous : Objectif Zeiss 21mm • Photo Frédéric Allinne • FA#

À midi, le Panthéon de l’architecte Jacques-Germain Soufflot vu depuis le premier étage de la mairie du cinquième arrondissement. Et vu à travers l’un des malencontreux fatras de patinettes électriques qui encombrent l’espace public de Paris depuis peu et pour quelques années encore, hélas.

Ci-dessous :

Ci-dessous : Objectif Zeiss 18 mm F/2,8 | Photo Frédéric Allinne • FA#

Autre versant du monument avec focale plus courte et pose unique : la déformation optique absente des deux photos composites précédentes devient ici inévitable.

On voit au premier plan un élément du mobilier urbain récemment installé contre l’avis des Architectes des Bâtiments de France, et controversé à triple titre.

• D’abord en raison de sa conception et de ses finitions peu durables – au sens propre : elles ne dureront pas.
• Ensuite en raison de son manque d’hygiène. Car cette estrade invite soit à s’y vautrer, soit à y marcher – et donc à s’étendre sur une surface rendue aussi sale qu’un trottoir.
• Enfin, par son manque de pertinence, dans la mesure où l’invitation à s’installer ici comme à la plage n’est peut-être pas un modèle de l’art de « vivre ensemble » avec urbanité, à proximité d’un Panthéon où reposent les grands personnages de la nation.

Ces considérations très partagées sont toutefois réfutées par beaucoup de militants de « la transformation écologique de Paris » comme étant « réactionnaires » voire « fascistes ». C’est pourquoi cet aménagement, qui tourne résolument le dos à l’élégance à la française mais offre un délassement certain, est controversé.

La série d’images suivantes montre que la génération montante prend un réel plaisir à cette sorte d’aire de pique-nique, où seuls les gens coincés s’asseyent « correctement » tandis que la plupart adoptent la position du lotus ou se vautrent. Et tant pis pour qui n’apprécie pas qu’on pose ses pieds crottés sur des sièges, ni qu’on jonche les rues de Paris avec les scories d’une carrière ou d’une scierie : ce mobilier mal dégrossi n’est pas ennemi de l’incivilité ado ou post-adolescente, il y incite même. Et c’est cet hymne à l’incivilité qui fait son attrait paradoxal au cœur de ce qui fut la capitale mondiale de la galanterie.

Paris | Objectifs Zeiss 18 mm F/2,8 et 55mm F/1,8 • Sony G Master 24mm F/1,4 et 85mm F/1,8 • Photos Frédéric Allinne • FA# | 2021



Quant à la politique d’éradication des autos au profit des rares usagers du vélo (environ 5% de la population) et des patinettes, elle s’est certes affirmée en supprimant une aire de stationnement voisine du Panthéon, mais elle enregistre une indéniable contre-performance par la quasi absence de bicyclettes sur la chaussée, dans les pistes jalonnées de blocs contondants, ou dans les arceaux destinés au stationnement des vélos aux abords de ce monument.